Forum des Parlements des Etats membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (FP-CIRGL)

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Déclaration – 16 jours d’Activisme contre la Violence fondée sur le genre


Le 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre est une campagne international organisée annuellement à partir du 25 novembre, la journée internationale pour l’élimination de la violence fondée sur le genre, et va jusqu’au 10 décembre, la journée des droits de l’homme. Cette journée a été initiée par les activistes à l’occasion du lancement de l’institut pour le leadership mondial des femmes en 1991 et continue d’être coordonnée tous les ans par le centre pour le leadership international des femmes.

Elle sert de stratégie d’organisation des personnes et des organisations à travers le monde en vue de promouvoir la prévention et l’élimination des violences contre les femmes et les filles. En appui à cette initiative de la société civile, la campagne Tous UNiS pour mettre fin à la violence à l’égards des femmes d’ici 2030 du Secrétaire général des Nations unies (Tous UNiS) plaide en faveur des actions mondiales visant à accroître la sensibilisation, à impulser le travail de plaidoyer et à partager les connaissances et les innovations.

Le thème, pour l’année 2021, des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, qui commence du 25 novembre et prend fin le 10 décembre 2021, est « Orangez le monde : mettez fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes !»

Les femmes ont été touchées de façon disproportionnée par la pandémie de COVID-19. En effet, elles se sont retrouvées plus en proie, notamment à l’exploitation sexuelle et à la violence basée sur le genre, ainsi qu’à un accès limité aux soins de santé reproductive, maternelle et aux opportunités économiques. Les tensions économiques et sociales, combinées aux restrictions de mouvement et à l’exiguïté des logements sont la cause d’une recrudescence des violences sexuelles et basées sur le genre. De nombreuses femmes se retrouvent désormais piégées chez elles avec leurs agresseurs et sont de plus en plus exposées à d’autres formes de violence, au moment où les systèmes de soins de santé sont débordés et les services judiciaires peinent à réagir. Les impacts économiques sont susceptibles d’occasionner une augmentation de l’exploitation sexuelle et des mariages d’enfants, laissant ainsi les femmes et les filles dans une situation économique fragile et celles en situation de réfugiés sont particulièrement vulnérables.

Dans le monde, on estime que 243 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 49 ans ont été victimes des violences sexuelles et/ou physiques de la part d’un partenaire intime au cours de l’année écoulée. Les nouvelles données montrent une tendance très inquiétante : la pandémie de COVID-19 est à l’origine d’un pic de violence domestique et est aggravée par des problèmes d’argent, de santé et de sécurité, des restrictions de mouvement, des maisons surpeuplées et une réduction du soutien par les pairs. La mise en quarantaine et les restrictions de mouvement ont pour effet d’isoler de nombreuses femmes qui se retrouvent piégées avec leur agresseur et loin de leurs amis, de leur famille et d’autres réseaux de soutien.

En outre, la fermeture d’entreprises non essentielles signifie que le travail n’offre plus de répit à de nombreuses survivantes et que l’insécurité économique accrue rend leur départ plus difficile. Pour ceux qui parviennent à s’en sortir, les services de santé, d’aide sociale, de justice et de police, débordés, ont du mal à réagir car les ressources sont détournées pour faire face à la pandémie.

S’appuyant sur un appel à un cessez-le-feu mondial immédiat, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel à mettre fin à toutes les formes de violence aussi bien sur le champ de bataille que dans les maisons, et a exhorté les gouvernements à s’attaquer à “flambée mondiale des violences domestiques” par des mesures de prévention et de réparation dans leurs plans d’intervention nationaux.

À l’occasion de la campagne de 2021, le Forum des Parlements des Pays membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (FP-CIRGL) demande instamment aux parlements membres qui ne l’ont pas encore fait de incorporer dans leur législation nationale le “Protocole sur la prévention et la répression de la violence sexuelle contre les femmes et les enfants” de la CIRGL et les autres instruments internationaux connexes, et à ceux qui l’ont fait, de jouer leur rôle de contrôle de la mise en oeuvre dudit protocole.

Le FP-CIRGL est une organisation interparlementaire regroupant les parlements nationaux des 12 États membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), à savoir : la République d’Angola, la République du Burundi, la République du Kenya, la République d’Ouganda, la République Centrafricaine, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, la République du Rwanda, la République du Soudan du Sud, la République du Soudan, la République unie de Tanzanie et la République de Zambie.

Kinshasa, novembre 2021